28 octobre 2026 4 h 22 min
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L’épuisement, ce mal silencieux…

27 octobre 2026

L’épuisement, ce mal silencieux

Tu sais ce qui est traître avec l’épuisement ? C’est qu’il ne crie pas son arrivée. Il ne te frappe pas comme une grippe qui te met au lit une semaine. Non. L’épuisement, c’est plus sournois que ça.

Ce qu’on ne voit pas venir

L’épuisement arrive doucement. C’est le sourire qui coûte davantage. Le rire qui sonne plus creux. Les journées qui se ressemblent toutes et qui te laissent vide à la fin. C’est la noirceur qui arrive avec l’automne, qui pèse plus lourd que d’habitude.

Le pilote automatique

Et puis il y a ça… tu te réveilles et tu fais. Tu fais comme une automate. Tu vas au travail, tu dis bonjour, tu souris, tu réponds aux messages, tu donnes ce qu’on attend de toi. Mais tu n’es pas vraiment là. C’est comme si tu regardais ta vie de dehors, comme si quelqu’un d’autre habitait ton corps. Tu fais tout, mais tu ne penses à rien. Tu ne ressens plus rien non plus.

C’est étrange, cette déconnexion. C’est comme si tu avais quitté ton propre corps pour te sauver de la fatigue. Comme si la seule façon de continuer, c’était de ne plus être vraiment présente à ta propre vie.

Les tiroirs qu’on ne peut pas fermer

Et puis il y a ça aussi : tu as 3 millions de tiroirs d’ouverts dans ta tête. Des pensées qui attendent, des tâches commencées, des promesses à toi-même, des soucis qui reviennent. Et tu ne peux pas les fermer. Tu essaies de dormir et soudain tu penses à un email que tu as oublié d’envoyer. Tu essaies de te détendre et une conversation de la semaine dernière te revient à l’esprit. Tu essaies d’être présente et tu penses à trois autres choses.

Aucun tiroir n’est complètement fermé. C’est comme si ton cerveau était un bureau où tout est ouvert en même temps. Et tu ne peux pas vraiment te reposer parce qu’il y a toujours quelque chose qui demande ton attention, même quand tu ne fais rien.

Le silence du vide

L’épuisement, c’est aussi du silence. C’est le poids de ne pas pouvoir en parler. Parce que tu dis « je suis fatiguée » et on ne te croit pas. On te voit sourire, rire, faire ton travail, et on te dit : « Mais tu as l’air en forme ! » Comme si l’épuisement était visible. Comme s’il fallait que tu sois en miettes pour qu’on comprenne que tu sombres.

Alors tu te tais. Tu gardes ça pour toi. Parce que parler, c’est risquer de ne pas être crue. C’est risquer le déni, les solutions qu’on te propose comme si c’était simple, les regards qui disent « tu dramatises ».

Et si quelqu’un te le disait ?

Si quelqu’un de ton entourage te confie qu’il ou elle est épuisé, fatigué, qu’il se sent dépassé… sache que ce n’est pas une demande de solution. C’est une demande de reconnaissance. C’est : « Je suis humain et ça me fatigue ».

Ce qu’il ou elle n’a pas besoin, c’est que tu trouves la réponse miracle. C’est que tu reconnaisses simplement que c’est vrai, que c’est lourd, et que c’est correct de se sentir comme ça. Parfois, tout ce qu’il faut, c’est du silence respectueux. De l’espace. De la permission d’être fatigué sans avoir à te justifier.

Reprendre ton pouvoir

Une part de cet épuisement vient d’une déconnexion avec toi-même. Quand tu ne t’incarnes pas pleinement, quand tu ne vis pas selon tes vraies valeurs et ce qui t’anime vraiment, tu vides progressivement ton réservoir.

Si tu reconnais ça en toi et que tu cherches à reprendre ton pouvoir, sache qu’il existe des accompagnements pour t’aider à retrouver qui tu es vraiment et à réaligner ta vie avec tes vraies aspirations.

Annik Lauzon, Éducatrice spécialisée

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