
La vie est remplie de petits deuils qui viennent quelquefois porter ombrage à notre bonheur. Elle est ainsi faite, la vie. Elle nous amène dans un coin de pays qu’on ne connaissait pas, elle nous y laisse vivre un moment puis, au bout de quelques temps, elle nous déracine pour nous entraîner vers d’autres horizons.
Quelquefois, les retours en arrière sont impossibles. Il reste alors les souvenirs pour meubler le vide laissé par le départ. Il reste ces images à emporter qui continueront de défiler sur l’écran de la mémoire. Comme un film projeté tournant en continu.
C’est exactement la situation que je vis présentement. Dans quelques semaines, je quitterai votre beau village pour poursuivre mon chemin ailleurs. Votre terre d’accueil qui m’a tendu les bras restera gravée à jamais dans mes souvenirs les plus heureux. Un coin de pays particulièrement chaleureux, que ce village de Weedon ! Je m’y suis senti accepté dès le premier jour.
Ce n’est pas sans un pincement au cœur que je quitte. Ainsi va la vie ! On vit son deuil en emportant avec soi les souvenirs et on poursuit son chemin avec les expériences acquises en cours de route et les rencontres inoubliables qui ne s’effaceront jamais.
Contrairement à la ville, le nouveau venu est bien reçu. Je veux dire par là qu’en ville, l’indifférence est davantage présente vis-à-vis le nouvel arrivant. Voilà pourquoi j’ai voulu m’impliquer au sein de la communauté afin de m’intégrer et de mieux connaître la population weedonnaise. Je n’ai pas été déçu !
J’ai rencontré des hommes et des femmes intéressés à maintenir la vie sociale du village bien dynamique. Je crois avoir fait ma part, bien modeste, j’en conviens, mais ma part quand même.
Je quitterai avec l’émotion nouée au fond du coeur. Je suis à fleur de peau, je me connais. Après un dernier regard par-dessus l’épaule pour me gaver des dernières images à garder en mémoire, je devrai regarder droit devant, là où le destin m’appelle.
Non, ce n’est pas facile de dire “ Adieu “ en laissant tout derrière soi. Cette nouvelle tribune libre sera le lien qui me rattachera à ce charmant coin de l’Estrie. Histoire de nourrir les souvenirs, je reviendrai, à l’occasion, vous saluer afin de garder contact..
Et si, au lieu de dire “ Adieu “, on disait simplement “ Au revoir “ et “ À bientôt “? Le deuil sera plus facile à supporter.

Merci pour votre accueil, vos encouragements, la confiance et le soutien que vous m’avez apportés. J’emporterai tout ces bons moments passés ensemble dans mes valises.
Marc Laflamme