15 juin 2026 7 h 37 min
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Monsieur le robot (ne pleurez pas trop…)

28 octobre 2025

Cette chanson des années yéyé, Simon Brouillard, chanteur soliste du groupe Les Lutins, nous la fredonnait à tout vent. Elle racontait l’histoire d’un robot triste et un peu détraqué qui disait « Je vous aime beaucoup ». 60 ans plus tard, cette mélodie me revient à la mémoire, et pour cause…

Sommes-nous devenus des robots ? C’est la question que je me pose lorsque je regarde le monde dans lequel nous gravitons. Tout change à la vitesse grand V. Signe des temps, on dit que le monde évolue.  Mais est-ce bien de l’évolution ? La réponse est oui, si on y apporte un bémol.

Avez-vous constaté à quel point il est de plus en plus long et difficile de parler à une personne réelle lorsqu’on appelle un service public ?  Il faut effectuer 12 opérations numériques, dictées par une machine parlante, avant de pouvoir ENFIN parler à une personne humaine, au bout de longues minutes d’attente, musicales ou parlantes. Et l’on nous répétera jusqu’à écœurement que « votre appel est important pour nous ! »

Le monde du travail n’y échappe pas non plus. Tout est axé sur la productivité. Les travailleurs sont sans cesse poussés vers une norme de rendement de plus en plus grande dans une même période de temps. C’est tout juste si on n’utilise pas la cravache ou le chrono !

L’informatisation, la robotisation et l’Intelligence Artificielle ( IA ) en sont les grandes responsables. La machine remplace de plus en plus la main d’œuvre humaine. On exige de la rentabilité et de la productivité au moindre coût. Car, si un travailleur épuisé réclame de meilleures conditions de travail, la machine, elle, produira en suivant son travail et sans jamais réclamer quoi que ce soit.

Cela m’amène à parler d’un sujet qui me tient particulièrement à cœur: le respect.

C’EST QUOI LE RESPECT?

Le respect est un sentiment qui porte à traiter les personnes ou les choses avec de grands égards et à ne pas leur porter préjudice. Le respect est un sentiment qui porte à accorder à quelqu’un de la considération en raison de la valeur qu’on lui reconnaît. Le respect est la considération que l’on porte à une chose jugée bonne, avec le souci de ne pas lui porter atteinte.

Voilà, grosso modo, les définitions que l’on attribue au respect. J’ignorais que le respect était un sentiment. C’est logique, toutefois, si l’on tient compte que les sentiments font appel à des états affectifs et à des impressions.

La notion de respect ne saurait cependant pas s’appliquer à l’IA et à la robotisation, pas plus qu’à l’informatique. Insultez un robot, il n’aura aucune réaction. Il ne pourra pas vous retourner vos insultes. Et, bien que ces trois éléments puissent grandement aider dans toutes les sphères de la vie, il n’en demeure pas moins qu’aucun d’entre eux n’est programmé pour fonctionner dans le respect. Il faut être humain pour ça !

Le respect est donc humain à sa base: respect de soi-même, respect d’autrui et respect des choses. Il implique la crainte du jugement des autres, qui conduit à se garder de certains actes.

OÙ COMMENCE LE RESPECT?

Le respect commence TOUJOURS par le respect de soi-même. Sans ce préalable, on ne peut pas respecter les autres. Pour pouvoir se respecter soi-même, il faut d’abord se considérer comme un individu à part entière, avec ses besoins, ses désirs, avec le droit d’être heureux et de s’exprimer librement. Cette estime de soi est la condition qui permet de développer une attitude d’écoute et de considération avec les autres.

COMMENT CULTIVER LE RESPECT DE SOI?

Plusieurs règles s’appliquent pour en arriver là.

  • Il faut d’abord se reconnaître comme un individu avec des besoins, des envies et des droits.
  • Agir en accord avec ses valeurs et ses convocations.
  • Affirmer ses valeurs personnelles et reconnaître ses propres réussites.
  • Défendre ses droits et ne pas hésiter à s’exprimer et à dire STOP!
  • Être responsable de ses choix et de ses erreurs.

LE LIEN ENTRE LE RESPECT DE SOI ET LE RESPECT DES AUTRES.

Lorsqu’on se respecte, c’est plus facile de respecter les autres. Le manque de respect perçu à l’extérieur peut être le reflet d’un manque de respect envers soi-même. Une attitude positive envers soi-même et le fait d’agir selon ses valeurs renforcent l’estime de soi, ce qui, en retour, ouvre la voie au respect mutuel.

Il y a 3 façons de faire pour établir ce lien: la capacité de nous connaître, la capacité de nous accepter à travers nos forces et nos faiblesses, la possibilité de nous comparer aux autres de façon constructive et non dépréciative. De cette façon, chacun devient une personne potentiellement « respectable ».

Aucune machine ne peut atteindre ce niveau. Elle n’a pas cette capacité d’analyse. Un robot ne peut ni se respecter lui-même ni respecter autrui. Il opère mécaniquement, en suivant un programme préétabli et duquel il ne dérogera pas. Et, à l’instar de la robotisation et de l’informatique, l’IA, comme son nom l’indique, restera toujours une intelligence artificielle construite de toute pièce par des intelligences humaines. L’utilisation que l’on en fera pourra la faire basculer entre usage bénéfique ou malveillant.

Je reviens à mon propos. Malgré tout ce qui a été dit plus haut, il arrive trop souvent que des individus ne soient pas « respectables » et ce, même s’ils rencontrent les critères du respect de soi. La notion du regard de soi porté vers autrui va dans les deux sens. C’est plus qu’une question de sentiment, ça rejoint la perception que l’on juge bonne ou mauvaise. Tout part de soi selon ses valeurs.

La Charte des Droits et Libertés a donc été mise en place afin de dicter une “ norme “ applicable à tous et de neutraliser toute forme d’abus. D’un autre point de vue, les conventions collectives syndicales jouent un peu le même rôle à plus petite échelle. Il est toutefois bon de mentionner qu’en toute chose les excès sont à éviter. « L’abus n’enlève pas l’usage », c’est connu. Car, si le respect des autres passe par le respect de soi, il implique aussi le respect des choses, de la nature, de la vie, de la dignité, etc.

Les discriminations sont les manifestations les plus criantes du non-respect. Polluer l’air et l’eau à son seul profit cause des préjudices importants à l’environnement ainsi qu’à l’ensemble des populations. Congédier un employé sur les bases de son sexe, de sa religion, de la couleur de sa peau, de son orientation sexuelle, de son idéologie politique, de son physique ou parce qu’on ne l’aime pas démontre un manque flagrant de non-respect d’autrui. Aucun de ces critères ne sont des facteurs justifiant un renvoi. Un employé ne devrait être jugé sur ces bases. Ce ne sont pas des valeurs qui en font un mauvais employé. C’est arrivé à un de mes amis.

Payer une femme moins cher qu’un homme pour un travail équivalent est également une forme de non-respect. Le respect impose d’abord et avant tout que l’on juge les qualités et les compétences de l’individu en tant que travailleur et sur ces seules bases. Tous les facteurs discriminatoires cités plus haut ne sont nullement des autorisations au non-respect.

La notion de respect ne devrait jamais impliquer un rapport de force. Elle doit s’établir dans un rapport égalitaire. Comment peut-on exiger que les autres nous respectent si on ne respecte pas soi-même les autres ?

L’humain, contrairement au robot, est doué de sentiments et d’émotions. Non, nous ne sommes pas des robots. Alors, ne pleurez pas trop, monsieur le robot.

Sur ce, mes respects.

Marc Laflamme

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