19 avril 2026 11 h 04 min
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Le deuil dont on parle trop peu : celui de son animal

15 mars 2026

Dans la vie, on parle beaucoup du deuil.

Le deuil d’un proche.
Le deuil à la suite d’une perte d’emploi.
Le deuil lors d’un déménagement ou d’un grand changement de vie.

Et heureusement, pour les Weedonnais et les Weedonnaises, l’organisme Virage Santé Mentale offre un accompagnement précieux aux personnes qui traversent ces périodes difficiles, car ils en ont fait leur expertise.

Mais il existe un deuil dont on parle encore très peu.
Un deuil parfois minimisé.
Un deuil souvent incompris.

Le deuil de son animal.

Ce sujet m’a été inspiré récemment par un collègue du conseil d’administration du journal l’Éveil du Citoyen de Weedon qui vient de perdre l’un de ses chiens. En discutant avec lui ainsi qu’avec d’autres personnes, j’ai réalisé à quel point cette peine peut être profonde… silencieuse et incomprise pour certains.

Et comme zoothérapeute, je suis moi aussi appelée à vivre plusieurs deuils au fil des années. Chaque animal avec lequel on crée un lien laisse une empreinte unique.

« Ce nest quun chat… »

« Ce nest quun chien… »

On entend encore trop souvent ces phrases.

Pourtant, nos compagnons à quatre pattes sont bien plus que de simples animaux de compagnie. Ils ressentent nos émotions. Ils perçoivent nos états d’âme. Il est impossible de faire semblant devant eux.

Ils sont les témoins silencieux de nos vies.

Ils sont là dans nos moments de joie.
Dans nos peines.
Dans nos silences.
Dans nos tempêtes.

Ils nous accueillent sans jugement. Sans attente. Sans condition. Alors, pourquoi parle-t-on si peu de leur départ ?

Un vrai deuil… avec de vraies étapes

La perte d’un animal déclenche les mêmes étapes du deuil que toute autre perte significative :
le choc, le déni, la colère, la tristesse, la culpabilité… puis, doucement, l’acceptation.

Certaines personnes peuvent vivre ce deuil pendant plusieurs mois. Pour d’autres, cela peut s’étendre jusqu’à deux ans. Et c’est normal. Il n’y a pas de calendrier officiel pour guérir d’un lien d’attachement.

Le plus difficile, souvent, c’est l’incompréhension de l’entourage. Certaines personnes ne peuvent pas saisir l’ampleur de cette peine, simplement parce qu’elles n’ont jamais développé ce type de lien avec un animal.

Mais l’intensité d’un deuil ne se mesure pas

au statut social de l’être perdu.
Elle se mesure à la profondeur du lien.

Se donner le droit

Si tu vis actuellement le deuil d’un animal, donne-toi la permission : de pleurer, d’en parler, de créer un rituel, de garder des souvenirs, de ne pas «  passer à autre chose » trop vite

Le chagrin ressenti à la suite de la perte d’un animal est légitime. Et parfois, en parler à un professionnel, à un organisme communautaire ou à une personne bienveillante peut faire une réelle différence.

En conclusion

Aimer un animal, c’est ouvrir son cœur à un lien pur et sincère. Et perdre cet animal, c’est perdre une présence, une routine, une énergie… un morceau de son quotidien.

Alors peut-être est-il temps de reconnaître que ce deuil mérite lui aussi sa place dans nos conversations.

Parce que derrière chaque

« c’était juste un chien »,

il y a souvent un

« c’était mon compagnon de vie ».

Annik Lauzon, éducatrice spécialisée

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