Il n’y a pas si longtemps, c’était le temps des échanges de bons vœux. Bonne et heureuse année ! Paix, Santé, Bonheur, Prospérité et le Paradis à la fin de vos jours ! Et bla bla bla…! Partout, le même leitmotiv revenait sur toutes les lèvres. Pourtant, pas une seule fois, je n’ai entendu un souhait formulé avec le mot AMOUR. Aberrant, n’est-ce pas ?
Ce n’est pas facile, quand on est un gars, de parler d’Amour. Je trouve ça compliqué et particulièrement gênant. Il faut écouter son cœur, connaître les sentiments qui l’animent, laisser libre cours aux émotions qui vibrent et … composer avec le tout. Ce n’est pas gagné d’avance ! Ce n’est pas quelque chose qu’on apprend aux garçons sur les bancs d’école. On leur enseigne plutôt que le pouvoir est affaire de gars, qu’il se gagne à force de travail et de persévérance et qu’il apporte aisance et confort. Mais, surtout, ce qu’on leur apprend, c’est qu’il n’y a place ni pour les sentiments ni pour les émotions.
La belle affaire ! Ça ne fait jamais que des hommes heureux à demi temps, finalement ! Il leur manque quelque chose pour être des hommes à part entière. Les émotions et les sentiments ne sont pas le seul lot des filles. Et la raison et le pouvoir ne sont pas l’apanage spécifique des gars. Il faut à chaque partie sa part de chaque élément, vécue dans l’équilibre et l’harmonie.
C’est vrai que ce n’est pas toujours facile de se parler d’Amour. Surtout quand un cœur comme le mien, en mal d’Amour, n’aurait besoin que d’une présence pour trouver son plein équilibre, à la fois émerveillé et épanoui. Il suffirait d’être assis au coin du feu, la main dans la main, immobiles, à regarder un large sourire dessiné sur des lèvres muettes, à décoder le langage des yeux rayonnant de bonheur dans un cœur battant la chamade.
Ça ferait un beau scénario de film ou un excellent canevas pour un roman. Mais, dans la vraie vie, l’Amour n’est ni un long-métrage ni un bouquin. La synopsis y est plus complexe. L’Amour n’est pas une marguerite qu’on effeuille en cadence pour laisser voyager un désir psalmodié au rythme d’une rêverie. Ado, moi aussi, je me suis livré à ce petit jeu anodin, moi aussi, j’ai rêvé de savoir si on m’aimait un peu… beaucoup… passionnément… à la folie… pas du tout ! Comme si le sort de l’Amour était directement lié à une fleur délibérément dépouillée.
L’Amour serait-il devenu à ce point une banalité à laquelle plus personne n’ose accorder la moindre attention ? Un simple fait divers camouflé dans un entrefilet ? Se serait-il transformé en utopie, en rêve dans lequel plus personne n’ose croire ? Pourquoi ne pourrait-on pas se souhaiter de rencontrer l’Amour, en cours d’année, ou d’entretenir celui qui nous habite déjà ou, tout simplement, d’en redécouvrir son essence pure ? Je nous souhaite d’aimer et d’être aimés, cette année. Ce n’est pas banal comme vœu, ça !
Malheureusement, on a tendance à oublier que l’Amour est l’élément déclencheur d’une multitude d’états associés au confort et au bien-être. L’Amour engendre le Bonheur et soutient la Paix. À eux, de greffent la Santé ( mentale et physique), l’Harmonie et la Prospérité. C’est en quelque sorte le Paradis avant la fin de nos jours. J’admire ceux qui, même après 10, 25 ou 50 ans de vie commune, s’aiment encore comme au premier jour. Avec la même flamme, la même énergie, la même ardeur et la même conviction qu’au début. Avec la flèche magique de Cupidon encore bien plantée dans le cœur. En renouvelant l’Amour de jour en jour pour empêcher l’ornière de l’habitude de l’éteindre ou d’en atténuer la chaleur. Mes parents ont traversé 7 décennies ensemble et ils s’aiment toujours. J’imagine qu’ils ont trouvé la recette magique.
Tout ça pour dire qu’au mitan de l’hiver, alors que la froidure mord la peau et glace les entrailles, l’Amour est encore le meilleur feu de joie qui existe pour garder le cœur bien au chaud. L’Amour est une forme d’équilibre entre la santé mentale et la santé physique. Mais, alors, où sont donc passés Cupidon, Éros, Valentin et Cie ? Auraient-ils oublié leurs flèches ensorcelées dans le duvet d’un nuage rose ? Espérons que non, sinon la vie risque d’avoir un goût amer.
Je ne suis pas un psy, mais j’ai un côté poète qui me permet de rester à l’affût de mes sentiments et à l’écoute de mes émotions. Quand j’aime, y a pas moyen de m’arrêter ! Mais cet Amour,si idéal et si parfait soit-il, ne saurait survivre sans la complicité des partenaires. L’Amour n’est pas une avenue à sens unique. “ Aimer, c’est regarder ensemble dans la même direction “ dit l’adage. L’Amour implique le respect, l’écoute, la générosité et le don de soi. Il doit être donné pour être reçu en retour. L’Amour d’autrui présuppose toutefois l’Amour de soi. Comment aimer autrui si on ne s’aime pas soi-même ?
C’est à cette réflexion que m’amène la Saint-Valentin, la fête des amoureux. On prend soudainement conscience que l’Amour est là et qu’il gravite dans notre orbite. Cette journée lui étant dédiée, l’Amour rayonne pour nous réapprendre le sens même du mot dans sa parfaite conjugaison. On dirait que Cupidon et Éros, ce jour-là, s’amusent à transformer ceux qu’ils atteignent de leurs flèches.
L’AMOUR est une Affection Merveilleuse Offerte Uniquement Réciproquement. Il se cache sous mille et une petites attentions. L’Amour, c’est un geste gratuit, un don de soi total. Quand on ne le vit pas ou qu’on l’a perdu, on en rêve où on le pleure. On souhaite en être grisé car il est la source à laquelle le Bonheur s’abreuve. Quand on le vit, on a parfois tendance à s’endormir et à le prendre pour acquis alors qu’au contraire, il se tisse au fil des jours pour grandir avec le temps.
L’Amour est universel. M’aimera ? M’aimera pas ? Au fond, tant qu’il y aura des hommes et des femmes pour croire en l’Amour et tant qu’il y aura des marguerites pour nous permettre de rêver à l’Amour idéal,il y aura des gars comme moi qui oseront parler d’Amour, prêts à vivre leurs émotions, prêts à libérer leurs sentiments. Des gars capables de donner un sens au mot AMOUR.
“ Quand les hommes vivront d’amour, ce sera la paix sur la terre” chantait le grand Raymond Lévesque. Faisons donc du 14 février une journée à revivre tout au long de l’année.
Heureuse Saint-Valentin. Cupidon, Éros, Valentin et Cie frappent à notre porte !
Marc Laflamme