4 décembre 2025 21 h 16 min
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Société d’histoire de Weedon

7 octobre 2025

Propriété située au 508 rue Saint-Janvier et ses propriétaires

L’arrivée du train en 1875 a déplacé la population du vieux village, allant même à en tuer le développement, vers Weedon Station. Étant éloigné des grands centres, Weedon Station a très rapidement été appelé à offrir tous les services des petites villes. Les recherches sont basées sur des articles parus dans les journaux du temps, les recensements et les histoires de familles.

 

Magasin de Jean-Baptiste DeludeNous ne connaissons pas exactement la date de construction de cet édifice; cependant nous savons qu’il fut d’abord le magasin de Jean-Baptiste Delude, fils de Séraphine Gendron et Jean-Baptiste Delude et époux d’Aurélie Biron, petite-fille de Germain Biron. Déjà au recensement 1891, il est marchand. Nous pouvons également identifier le magasin sur la carte de l’aqueduc de 1906.

La tribune du 29 avril 1910 mentionne que Jean-Baptiste Delude s’associe à Joseph Donat Lafond de la Visitation. La nouvelle société porte le nom de « Delude et Lafond« . Aurélie Biron décède en juin 1910 et Jean-Baptiste se remarie à Rose Collin en 1912. Il prendra sa retraite à Sherbrooke en 1919. Joseph Donat Lafond, quant à lui, arrive à Weedon avec sa deuxième épouse, Paméla Jutras. La jeune famille ne reste pas longtemps à Weedon.

Le 1er avril 1920, la Tribune nous parle des nouveaux propriétaires : « L’un des magasins les plus populaires de notre village, celui de M. Donat Lafond, appartient maintenant à M. Arthur Brunelle qui s’en est porté acquéreur il y a une quinzaine de jours ». Arthur Brunelle est le fils de Louis Brunelle et de Delphine Provost, sa deuxième épouse et époux de Clara Patry.

Nous avons peu d’informations sur cette période. Voici ce qui est ressorti de nos recherches. La Tribune du 15 avril 1929 nous mentionne que Jos Montmarquette est employé du magasin et le 30 octobre 1929, Arthur Brunelle est hospitalisé à l’hôpital Notre-Dame de Montréal.

Maison du 508 rue Saint-JanvierLe 20 juin 1931, le tout Weedon est réuni pour pleurer Arthur Brunelle, à peine âgé de 51 ans. La Tribune du 7 juillet nous donne un bon aperçu de ses funérailles. On y parle d’une longue et cruelle maladie et on y mentionne également qu’Arthur est vice-président de la ferronnerie Demers Ltd., de Thetford Mines. Par la suite, on parle souvent de madame Arthur Brunelle en ne faisant jamais référence et nous n’avons trouvé aucune indication de transfert de propriété. Lors du décès de Clara Patry, le 21 février 1939, la Tribune et le Canadien /Progrès de Thetford Mines ne parlent pas du magasin.

Laurette Mercier et Marc PatryArthur Patry, frère de Clara et époux de Rosa Tessier, acquiert le magasin. Il en sera propriétaire jusqu’en 1956. Leur fils Marc et son épouse Laurette Mercier prennent la relève jusqu’en 1983. Grâce aux souvenirs de Luce Patry et de Blandine Patry Bélisle, nous avons de meilleurs souvenirs des années 1941 à 1983.

Mon père, Marc, qui travaillait déjà pour mon grand-père Arthur, acheta le commerce en août 1956. À cette époque, on y vendait des marchandises très variées. Dans le coin aliments, des produits locaux de saison, des denrées sèches ( biscuits, bonbons, chocolats) étaient pesés, étiquetés et mis en sac au besoin du client.

Intérieur du magasin généralIl y avait un présentoir où s’entassaient produits de nettoyage, balais, pelles, peinture pour l’entretien général, même un coin pour tailler manuellement la vitre. Il y avait aussi fils, aiguilles à couture et laine à tricot, papeterie et divers jouets. Un entrepôt sur le terrain possédait un gros mélangeur pour préparer les divers grains pour nourrir le bétail de la clientèle agricole. À chaque lundi, mon père visitait ses clients à la campagne, notait leurs besoins ( nourriture, moulée, etc) et retournait le lendemain livrer les achats. Je me souviens que papa ramenait souvent des produits divers ( sirop et sucre d’érable, confitures maison, viande, petits fruits) en guise de paiement.

Avec les années, la distribution des denrées s’est modernisée. Les produits alimentaires et la moulée arrivaient déjà emballés, étiquetés prêts à servir. Mes parents, Marc et Laurette, se sont occupés du commerce jusqu’à ce qu’ils prennent leur retraite et se sont installés à Lévis, ville natale de maman. Le magasin fut fermé et le bâtiment vendu au commerce voisin pour l’agrandissement de la Maison de retraite l’Anneau d’Or. « 

Et Blandine d’ajouter : « Aussi, il serait pertinent de souligner la participation des femmes à cette époque dans les commerces. L’entretien, l’inventaire et le service à la clientèle étaient leurs principales tâches. Mes trois sœurs et moi avons participé aux tâches pour donner un coup de main à maman et papa qui travaillaient à plein temps au magasin, comme ma tante l’avait fait pour aider son père à l’époque. Aussi, rappelons-nous qu’avant la fin des années 80, les magasins étaient fermés le dimanche pour le jour du Seigneur. »

Auberge l'anneau d'orEn 1983, le magasin est vendu et il fait dorénavant partie de la résidence l’Anneau d’Or, propriété de Francine Charron. Les deux bâtisses sont même reliées par une passerelle. Plus tard, une partie de la résidence sera transformée en Auberge l’Anneau d’Or.

508 Rue St-Janvier septembre 2025La résidence est vendue en 2012 à Alain Bisson et Nancy Normandin et devient la résidence Saint-Janvier qui fermera ses portes en 2016.

La résidence est vendue en 2012 à Alain Bisson et Nancy Normandin et devient la résidence Saint-Janvier qui fermera ses portes en 2016.

Recherche et rédaction: Nicole Fontaine