20 mai 2026 6 h 19 min
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La petite histoire du temps des fêtes de Weedon

7 décembre 2025

Il était une fois… C’est ainsi qu’on nous dit de commencer toute bonne histoire. Mais celle-ci, vois-tu, prend racine bien avant que les carrosses deviennent des voitures et que les lettres se changent en messages instantanés. C’était une époque où les moyens de transport modernes n’étaient encore que poussière dans l’imaginaire collectif, et où la vie suivait le rythme lent et fidèle des saisons, du tintement des cloches de l’église et du battement du cœur des familles.

Notre histoire commence en 1847 lorsque les premières familles, celles qui ont donné naissance aux grandes lignées d’aujourd’hui, sont venues s’établir à leur tour. À cette époque, on vivait de la terre et du bois. Les champs nourrissaient les ventres, et la rivière faisait tourner les scies de la compagnie forestière locale. La vie n’était pas facile, mais elle était vraie.

Quand arrivait l’hiver, après une année de labeur à soigner les bêtes, à récolter le foin et à couper le bois, on prenait enfin le temps de se rassembler. Les familles profitaient de la neige pour se voir, et les festivités du temps des Fêtes pouvaient s’étirer sur plusieurs jours. On se déplaçait en calèche, bien emmitouflé sous des couvertures de laine, ou encore en train, ce merveilleux siffleur d’acier qui reliait les villages jusqu’en 1969.

Les préparatifs menaient toujours à la messe de minuit, un moment sacré qui marquait le véritable commencement de Noël. On s’y rendait malgré le froid, les lanternes à la main, le souffle visible dans la nuit. L’église s’illuminait d’une chaleur presque magique : les chants résonnaient, les visages s’illuminaient, et le tintement de la cloche annonçait à tout le village que la paix et la joie venaient de naître à nouveau.

Chez ceux qui avaient des musiciens, la maison s’emplissait ensuite du son de l’accordéon, du violon, de la musique à bouche et des cuillères qui tapaient joyeusement sur les genoux. Les airs traditionnels faisaient valser petits et grands jusque tard dans la nuit. Et quand la musique manquait, on se tournait vers la radio, qui fit son entrée dans les foyers en 1922. Les soirées se rythmaient alors de chansons, de contes et de jeux de cartes. On riait fort, on chantait juste… ou presque.

Puis, en 1952, la télévision entra à son tour dans les salons de Weedon. Ce fut l’arrivée de La Soirée canadienne jusqu’en 1983 qui faisait danser, puis du fameux Bye Bye de fin d’année, qui depuis 1968, clôt chaque année avec son lot de rires et de souvenirs.

Mais avant ces années d’abondance et de modernité, deux grandes ombres ont traversé nos villages : les deux guerres mondiales. Beaucoup d’hommes de Weedon ont pris le train. Non pas pour aller fêter, cette fois, mais pour aller combattre. Les familles, le cœur serré, restaient ici, espérant un retour. Et pendant ces années sombres, une voix venue d’ailleurs a mis un peu de baume sur les plaies du peuple : La Bolduc, avec ses chansons pleines d’humour et d’espérance, a fait danser la tristesse pour mieux la faire taire.

Les décennies ont passé. Les maisons se sont modernisées, les distances raccourcies, mais les grandes tablées du temps des Fêtes se sont faites plus rares. La natalité a diminué, les familles se sont dispersées, et les calendriers trop remplis laissent parfois peu de place à la lenteur et à la magie d’antan. Pourtant, il suffit d’une chanson, d’une odeur de tourtière ou du craquement d’un vieux vinyle pour raviver le souvenir de ces Noëls d’autrefois, où tout le village semblait s’unir sous la même étoile.

Et pour la suite…

La Société d’histoire de Weedon aimerait faire revivre cette tradition de partage et de mémoire. Pour les prochaines éditions, nous souhaitons donner la parole aux familles d’aujourd’hui : Noël selon la famille Dumas, Noël selon la famille Lebrun, et toutes celles qui souhaitent raconter leurs traditions, petites ou grandes. Si ta famille aimerait partager son temps des Fêtes à la sauce weedonnaise, fais-nous signe !

De la part de toute l’équipe de la Société d’Histoire, un beau temps des fêtes et on se retrouve le 13 janvier pour bien commencer l’année.

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