En novembre 2025, la Municipalité de Weedon a nommé le centre communautaire de Saint-Gérard, centre communautaire Blanchette en reconnaissance de l’engagement communautaire et de la contribution économique de cette famille.
La famille Blanchette est originaire de la Beauce. On retrouve Pierre Blanchette, époux de Délima Fortier, dans les cantons de l’Est aussi tôt que 1884. Délima décède en 1888 et Pierre se remarie à Émilie Lahaie en 1889 à Ham Nord. Un seul de ses fils, Aurore, s’installe dans le canton de Weedon plus précisément dans le secteur de Saint-Gérard. Dans ce texte, nous allons parler particulièrement d’Aurore et de deux de ses fils Claude et Gilles. Remerciements à Nathalie Blanchette, Ginette Bouchard et Sylvie Blanchette pour leur contribution au texte et aux photos.
Après son mariage à Marie-Anne Duquette, en 1905, à Garthby, Bénoni est cultivateur à Saint-Gérard puis entrepreneur forestier au Lac-Saguay. Il revint à Saint-Gérard en 1922 pour être cultivateur et travailler en opération forestière. Le couple eut six enfants dont trois seulement survécurent : Aurore, Théodora et Côme. De ceux-ci, Aurore s’installe à Saint-Gérard. En plus de son travail, Bénoni est conseiller municipal et marguiller. Bénoni et Marie-Anne décèdent tous les deux en 1966 et sont inhumés au cimetière de Saint-Gérard.


Aurore Blanchette est né au Lac Saguay, il arrive à Saint-Gérard avec ses parents en 1922. En 1932, il épouse Alphéna Pelletier, du Lac Baker, au Nouveau-Brunswick. De cette union naissent 15 enfants dont 13 sont vivants. En plus de son travail, il est tour à tour directeur de la Caisse Populaire, membre du Conseil municipal de Saint-Gérard, directeur de la Compagnie de téléphone de Saint-Gérard, commissaire d’école, membre des Chevaliers de Colomb (3053) de Disraeli, marguiller etc. Claude et Gilles, deux fils d’Aurore Blanchette et Alphéna Pelletier, deviennent entrepreneurs à Saint-Gérard.
Blanchette et Blanchette Inc
Dans les années 1960, Aurore Blanchette est gérant de Canadian Snow Fence Ltd. À l’époque, l’usine fabrique uniquement des lattes. C’est la raison pour laquelle le nom de « shop à lattes » est resté longtemps pour plusieurs personnes.
En 1968, Aurore et un de ses fils, Claude, se portent acquéreurs de l’usine et continuent la production de lattes sous le nom de Blanchette et Blanchette enr. La compagnie emploie dix personnes. En octobre 1969, un incendie détruit tout. Avec courage et détermination, une nouvelle usine est construite et entre en opération en janvier 1970. On y fabrique la latte pour les manufacturiers de clôtures a neige.
En 1978, Aurore Blanchette vend sa part à Me Gilles Fontaine, de Sherbrooke. Claude devient alors président-directeur général de la compagnie, Me Fontaine vice-président et directeur des finances et Ginette Bouchard, épouse de Claude, épaule son mari et s’occupe de la tenue des livres. Entre 1978 et 1981, la compagnie prend de l’expansion et s’oriente vers la production de clôtures rustiques, consistant à l’écorçage de poteaux et perches. Visant toujours plus grand, la compagnie se lance dans la fabrication de panneaux de palissade en continuant la latte.
En mai 1981 la direction réalise que cette petite industrie de Saint Gérard prend beaucoup d’ampleur et requiert alors les services de Jean-Paul Daigneault, qui devient directeur des ventes et marketing. De plus, il s’occupe de l’expédition des produits finis vers les États-Unis. En l’automne 1981, la compagnie achète East Angus Snow Fence et transporte la machinerie à Saint-Gérard pour fabriquer la clôture a neige. Il y a alors une cinquantaine d’employés. En 1983, la fabrication de lattes est arrêtée; on continue seulement la clôture qui est exportée aux États-Unis en totalité. Les clients apprécient la qualité du produit, la demande augmente et c’est ce qui fait pointer d’autres projets.
Au début des années 1990 une cloueuse automatisée est développée exclusivement pour l’entreprise par le CRIQ de Québec. A cette époque il y a plus de 90 employés sur différents quarts de travail. L’entreprise est vendue en septembre 1996 au Groupe Barrette, fabriquants de clôture et les employés ont tous conservé leurs emplois.
Confection Saint-Gérard inc.
En 1970, Gilles Blanchette décide de changer de métier et de rejoindre son épouse, Claudette Huard, qui a aménagé le sous-sol de la maison familiale en atelier de couture. En plus d’être couturière, Claudette donne du travail à des couturières à domicile pour fabriquer divers types de vêtements. Quelque mois plus tard, on agrandit en aménageant le garage de la maison familiale en petite manufacture où il y a environ une dizaine de personnes qui y travaille. Étant donné qu’on ajoute un système de pressage, la manufacture peut diversifier le genre de vêtements. Après un certain temps, les locaux sont trop petits, la manufacture déménage, on loue des classes dans l’école du village (école Mater Domini), appartenant à la municipalité de Saint-Gérard. La municipalité autorise de faire tomber les murs entre chaque classe louée.
Ainsi s’agrandit la manufacture, ce qui permet d’augmenter graduellement le nombre d’employés. Après avoir loué toutes les classes du 1er étage, Gilles et Claudette se sont associés avec Raymond Boisvert sous le nom de Lingerie R. Boisvert de Saint-Ludger, avec plus de 75 employés. La manufacture produit plusieurs genres de vêtements qui allaient jusqu’au manteau de cuir, et cela jusqu’au 25 février 1980 où Gilles et Claudette ont racheté les parts de Lingerie R. Boisvert pour devenir Confection Saint-Gérard inc. et se sont spécialisés dans la confection de pantalons chics et prêts-à-porter, par la suite ils ont loué le 2e étage pour agrandir encore la manufacture et finalement acheter la bâtisse, ce qui a permis d’avoir aussi l’étage du sous-sol pour continuer l’expansion de l’usine et de se rendre jusqu’à 95 employés. L’usine est en mesure de fabriquer entre 5500 à 7000 paires de pantalons par semaine pour des compagnies de Montréal qui vendaient et distribuaient à des boutiques, chaine de magasins et plus.
En 2005, le libre-échange avec la Chine a entraîné une énorme diminution du travail. Nous n’étions plus compétitifs en raison du prix des produits chinois. À la fin d’août 2007, les propriétaires prennent une pause pour voir les possibilités qui s’offrent. Malgré toute la bonne volonté, l’usine est fermée en octobre 2007.
Aujourd’hui cette construction a été agrandie et transformée en maison à logements.
Texte et recherches: Nicole Fontaine et Doris Beauregard
