Chaque année, le mois de novembre nous invite à un moment de recueillement collectif : le Jour du Souvenir. C’est une période où nous prenons le temps d’honorer celles et ceux qui ont servi notre pays, parfois au prix de leur santé ou de leur vie. Derrière chaque uniforme, il y a une histoire, un parcours humain fait de courage, de sacrifices, mais aussi d’espoir et de résilience.
Cette année, la Société d’histoire de Weedon souhaite donner la parole à celles et ceux qui ont vécu cette réalité de l’intérieur, des femmes et des hommes de cœur qui ont choisi de servir le Canada et de défendre des idéaux plus grands qu’eux. Nous vous présentons aujourd’hui le témoignage de François Corvec, caporal-chef au sein des Forces Armées Canadiennes, dont le parcours inspirant nous rappelle toute l’humanité qui se cache derrière le devoir.
TÉMOIGNAGE DE FRANÇOIS
Avant de commencer ma carrière comme militaire, j’ai rejoint les cadets de l’armée sur un coup de chance. Je ne connaissais rien aux Forces Canadiennes et c’est en rencontrant une personne, lors d’un de mes cours de sauveteur, qui m’a parlé de ce regroupement pour les jeunes. Ce groupe propose des activités gratuites qui m’a lancé sur un chemin que j’ai suivi toute ma vie. Comme cadet, j’étais affilié au Régiment de Maisonneuve à Montréal. Les activités typiques étaient du sport, des cours d’histoire militaire, des exercices de survie et de tir de compétition.
Lorsque j’ai fini mes études, c’était une période difficile pour trouver un emploi. Je me suis alors joint au Régiment de Maisonneuve comme fantassin. J’ai occupé plusieurs emplois au cours de ma carrière. La première fois que je suis parti en mission c’était en 2005, à Kaboul en Afghanistan, comme technicien des mouvements. Nous étions responsables du mouvement de tout le matériel et le personnel qui transitent entre le Canada et l’Afghanistan.
J’y suis retourné en 2007 et 2009, en tant que disséminateur pour les opérations psychologiques. Un groupe de personnes extraordinaire, auquel j’ai eu la chance de faire partie, grâce encore une fois, à des connaissances au Régiment de Maisonneuve. Nos tâches à ce moment étaient de patrouiller les régions entourant la ville de Kandahar et de rencontrer les chefs de village, chefs religieux et autres personnes ayant de l’influence et d’établir un dialogue.
Ces expériences en quelques années, aussi merveilleuses que misérables, m’ont laissé fatigué et sans le savoir, à cette période, en dépression. Heureusement, je me suis joint, encore une fois, au mouvement des cadets comme instructeur. Il y a quelque chose de très gratifiant dans le fait de s’occuper des autres. Faire le don de son temps pour aider les autres, c’est aussi s’aider soi-même.
Après quelques merveilleuses années avec les cadets, j’ai décidé de retourner dans l’armée, cette fois-ci en tant que membre régulier. J’y ai fait l’heureuse connaissance de Josianne, elle aussi militaire. Nous nous sommes mariés peu après et nous avons maintenant deux beaux enfants.
Mon métier de technicien des mouvements m’amène à beaucoup voyager et, entre autres tâches, à l’extérieur du pays où j’ai été déployé en 2025 au Royaume-Uni pour l’OTAN et en Afrique pour les Nations Unies.
Ces déploiements sont très durs sur les personnes qui restent derrière. Josianne devait travailler, tout en s’occupant seule de la maison et des enfants. Le travail de militaire nous amène la plupart du temps à déménager loin de nos familles et du support que celle-ci pourrait nous apporter. Dans les six dernières années, c’est toujours moi qui étais parti. Cet automne, pour la première fois, ce sera au tour de Josianne.
François Corvec, Caporal-Chef et Josianne Laliberté, Caporale
Le Jour du Souvenir demeure un moment privilégié pour rendre hommage à ces femmes et ces hommes courageux qui, par leur engagement et leurs sacrifices, ont défendu notre liberté et nos valeurs. Leur dévouement, tout comme celui de leur famille, témoigne d’un profond sens du devoir et d’une humanité exemplaire.
La Société d’histoire de Weedon tient à remercier chaleureusement François Corvec pour son témoignage et souligner la contribution de toutes les personnes qui, hier comme aujourd’hui, œuvrent pour la paix.
Souvenons-nous d’eux. Toujours !
Texte et recherches: Société d’histoire de Weedon en collaboration avec François Corvec et Josiane Laliberté
