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  • Manon Brousseau

La liqueur Jumbo

Ce texte est basé sur un texte de Marcel Péloquin publié dans la revue Weedon de la Société d’histoire de Weedon et complété par des recherches plus récentes.


Roland, Armand et Lucien Péloquin (Péloquin et Frères) font régulièrement la navette entre Weedon et Montréal pour leurs affaires. C’est dans le cadre d’un de ces voyages qu’ils entendent parler de la compagnie de liqueur Jumbo de Montréal et de son propriétaire, Wilfrid Bissonnette. En pleine expansion, cette compagnie désire multiplier ses franchises en province. Les frères Péloquin, intéressés, signent une entente avec Wilfred Bissonnette. C’est ainsi que, sous le nom Péloquin et Frères, Jumbo s’installe à Weedon. L’exploitation de la nouvelle usine, située sur la rue Péloquin (la 7e Avenue aujourd’hui), près du ruisseau Weedon, commencera en mai 1935.

 

Les frères Péloquin achètent le terrain de leur oncle, Victor Péloquin. Au début de l’exploitation, on se contente de la shed rouge qui s’y trouve pour ensuite construire une autre bâtisse divisée en deux ; une partie pour le garage et l’autre pour l’embouteillage de la liqueur. On raconte que l’usine était un lieu de rencontre très recherché par les jeunes et les moins jeunes du village qui pouvaient y consommer gratuitement les produits dits défectueux. Il paraît même que le fun était dans la shop ! Au plus fort de l’exploitation de l’usine, six employés y travaillent. Dans les premières années d’existence, les trois embouteilleurs sont Renaud Péloquin, Conrad Péloquin et Camille Lebel en plus des livreurs, René Péloquin, Paul-Henri Bourget et Constant Bernier.

 

Toutes les opérations d’embouteillage se font manuellement, à l’exception de la fabrication du sirop de liqueur, effectuée au malaxeur. Les employés lavent les bouteilles, y insèrent le sirop approprié, ajoutent l’eau et le gaz, les ferment à l’aide d’un capsuleur manuel et agitent le tout à la main pour mélanger l’eau et le sirop. La seconde étape consiste à mettre les bouteilles pleines dans des caisses de bois et à charger le camion de livraison. Pour une production de 1000 caisses par semaine, imaginez la somme de travail ! 


Un seul format est disponible, 60 onces, dans les saveurs de cola, orange, fraise, cream soda et nectar aux pommes. Cette usine ne fonctionne pas toute l’année ; c’est une production saisonnière qui commence en mai et se termine à la fin d’octobre. Toutefois, la production reprend en décembre pour la période des Fêtes.

 

Au fil des ans, le rayonnement géographique de la compagnie Jumbo s’étend à toute la Beauce, les Bois-Francs (Victoriaville), le district de l’Amiante et la région de Thetford Mines. Dès 8 heures le matin, les livreurs partent pour leur run dans leur camion chargé au maximum de sa capacité. Toutes les épiceries et tous les restaurants situés sur le parcours sont visités et alimentés en Jumbo.

 

Une bouteille de 60 onces de cola se vend 10 cents et celle à l'orange, 12 cents l’unité. Le soir, les livreurs reviennent à l’usine, chargent le camion et le lendemain, ils repartent pour une autre run. D’après Conrad Péloquin, le parcours de Thetford Mines était le plus intéressant. 


Vers 1954-1955, les frères Péloquin vendent l’usine à Roger Turcotte qui continue l’exploitation à l’usine de la rue Péloquin, jusqu’à son déménagement dans de nouveaux locaux voisins de sa résidence sur la rue Neuve (aujourd’hui la rue des Érables), là où il habite actuellement. Finalement, vers 1955-1956, un incendie détruit de fond en comble la nouvelle usine.

 

Quant à l’entreprise Jumbo Montréal de Wilfred Bissonnette, elle ferme ses portes en 1960.

 

Un Jumbo cola, s.v.p. ! Cette phrase fut entendue des milliers de fois dans les épiceries et restaurants de Weedon au cours des années 1935 à 1955.

 

Plusieurs se rappelleront le gros éléphant qui ornait les bouteilles de liqueur douce de marque Jumbo. L’évocation de ce nom suffit à faire ressurgir dans leur mémoire des souvenirs de jeunesse. 


On se souvient des soirs d’été où, avec l’amie de cœur, au restaurant chez Nazaire ou du père Picard, on sirotait son verre de Jumbo en bonne compagnie. 

Nicole Fontaine

  

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